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GOULET
Les Goulet sont d'authentique
mouture percheronne
Nos Goulet, comme tant de familles québécoises, sont de mouture percheronne, et ce terme ne saurait mieux leur convenir, car Jacques, leur premier ancêtre venu du vieux pays, et son père, Thomas, étaient meuniers.
Thomas Goulet avait épousé Antoinette Feillard à Normandel
en 1613. Le 17 avril 1615, ils présentaient leur premier enfant au baptême,
Jacques. Au cours des mois suivants, le couple se fixa sans doute au bourg voisin
de La Poterie, car c'est là que naquirent leurs deuxième et troisième
enfants, Louise (1619) et Yvonne (1622). Devenu veuf, le meunier contracta un
second mariage avec Marie Chalumel et devint père d'une seconde Louise,
baptisée en 1628. On devine que tous les paysans de la région
connaissaient Thomas Goulet, car en plus d'exercer le métier de meunier,
il était collecteur de la taille, ce qui n'était peut-être
pas de ... taille à le rendre automatiquement sympathique!
À l'âge de 30 ans, le fils, Jacques, fonde un foyer: il épouse,
à La Poterie, Marguerite Mailer (ou Mulier). Nous sommes en 1645, et
c'est probablement en vue d'un départ pour la lointaine Nouvelle-France
que le mariage a lieu, car c'est l'année suivante, semble-t-il, que le
couple s'embarqua.
Jacques figure sans doute au nombre des laboureurs et des artisans que recruta
Noël Juchereau, sieur des Châtelets. Le couple eut 12 enfants, dont
cinq moururent en bas âge ou sans contracter mariage. Les sept autres
étaient tous des fils! On a une bonne idée de leur progéniture
en tenant compte des données incomplètes des dictionnaires généalogiques;
nous notons entre parenthèses l'année du mariage:
1- René/Catherine Leroux (1670) - 5 enfants, des filles.
2- Nicolas/Sainte Cloutier (1672) - 7 enfants dont 4 fils; 2 de ceux-ci fondèrent
des foyers: Jean avec Marguerite Blouard, 7 enfants; Louis avec Marie-Anne Quentin,
8 enfants.
3- Louis/Marie Godin (1682) - 1 fils, Louis, qui épousa Thérèse
Roussin; sans postérité.
4- Charles/Marie-Anne Rancin (1686) - 14 enfants, dont 4 décédés
en bas âge, 3 filles et 7 fils, dont au moins 3 se marièrent: Joseph
avec Marie-Madeleine Chevalier, 5 enfants; Louis avec Françoise-Charlotte
Langlois, 6 enfants; et Augustin avec Marguerite Bertrand, postérité
inconnue.
5- Thomas/Marie-Marguerite-Louise Pancatelin (1683) - 10 enfants, dont 3 fils; 2 fondèrent des foyers: René avec Catherine Rivière, 6 enfants; Ignace avec Marie-Barbe Ducongé, 6 enfants également.
6- Antoine/Marie-Madeleine Guyon (1692) - 11 enfants dont 3 fils; 2 se marièrent:
Joseph à Geneviève Raté, 6 enfants; Jacques à Marie-Anne
Letarte, puis à Marie-Joseph Lenormand, 8 enfants.
7- Joseph/Anne Julien (1692) - 9 enfants dont 5 fils; 3 se marièrent: François avec Marie- Madeleine Bédard, 12 enfants; Louis avec Marie-Josèphe Huot, 6 enfants; Antoine avec Marie-Angélique Laberge, 7 enfants.
Même si, encore une fois, ce relevé ne saurait être exhaustif
- les Goulet friands de généalogie ont sans doute complété
les ouvrages parus à ce jour, il démontre que l'ancêtre
Jacques Goulet eut plus d'une vingtaine de petits-fils, dont plusieurs devaient
contribuer généreusement à répandre le patronyme.
Dans l'église de La Poterie-au-Perche, une inscription a été érigée à la mémoire de Jacques Goulet et de sa demi-soeur, Louise, même si le premier est né à Normandel, car c'est de la Poterie qu'ils partirent pour la Nouvelle-France.
Depuis La Poterie, une toute petite route conduit à Normandel (environ 3 km), que l'on peut aussi atteindre à partir de St-Maurice-lès-Charency, sur la N 12, par la D 278. L'église, néo-gothique, se distingue par une statuaire remarquable du XVIe siècle. Ses chapelles possèdent des bas-reliefs calcaires de style Renaissance. Jacques Goulet fut un pionnier de la côte de Beaupré. Lors du
recensement de 1666, il y habite avec sa femme et le couple, qui a déjà
sept enfants, a un domestique, François Labattier. Quand le recenseur
repasse, l'année suivante, le petit Antoine est né. La famille
a 15 arpents de terre de valeur et possède cinq bêtes à
cornes.
En 1681, l'ancêtre exploite toujours sa terre; il met maintenant 30
arpents en valeur, possède encore cinq bêtes à cornes, mais
un cheval s'est ajouté dans l'étable. Deux de ses fils se sont
établis sur leurs propres concessions; Nicolas et Sainte Cloutier élèvent
déjà trois enfants, cultivent 60 arpents avec l'aide d'un domestique
et ont un troupeau de 15 têtes. Quant à René, il semble
que sa femme n'habite plus avec lui; il se déclare charron et vit avec
leurs deux fillettes, Marguerite et Catherine; il cultive huit arpents. Le couple
aura trois autres filles.
Les Goulet ont figuré au nombre des pionniers de L'Âge -Gardien,
mais, vous demanderez-vous, qu'est devenue la demi-soeur de Jacques, Louise?
Elle a le même titre à la reconnaissance des généalogistes.
Vers 1654, à La Poterie, elle avait épousé un jeune homme
de bourg, René Letartre. Le couple eut quatre enfants, puis vint rejoindre
Jacques au Canada. Il avait fallu une vingtaine d'années à Louise
pour suivre l'exemple de son demi-frère. Même aux âmes bien
nées, la valeur attend parfois le nombre des années!
Un petit-fils de ce couple, René Letartre, épousa Anne Garneau, à L'Ange-Gardien, en 1706. De cette union naquirent six enfants, dont Jean-Baptiste qui, en 1743, à Lanoraie, fonda une famille avec Marie-Jeanne Perrault. Ce sont les ancêtres, en ligne directe, d'Isael Tarte, qui fut un important personnage politique et fonda La Patrie, qui fut longtemps l'un des journaux les plus influent du Québec.